Eh ben voila, on reste muet pendant plus de 3 mois et tout à coup les articles pleuvent ! Et oui, on est toujours vivants et en bonne santé, plein de gammaa gt par ci et de petites festouilles par là. Et puis surtout, l'une commence à se retrouver, l'autre retrouve la civilisation et prend le temps de se poser.
Baobab
Mais qui nous parle !? C'est Pierro, seul auteur de cet article qui se jette à l'AU et va coucher quelques mots, probablement moins aisément qu'Élisabeth qui était un peu la rédactrice en chef
jusqu'à présent ... mais rassurez vous, si vous n'aimez pas ma plume, vous apprécierez
mes clichés qui se sont encore améliorés grâce à un nouveau joujou dont je suis fou! Et oui, c'est ça le rêve
australien, on ne se refuse rien au pays du dollars plastifié facile à gagner! Donc désormais, la marque de fabrique sera Nikon, et j'avoue être plutôt content du résultat. Seul hic, les photos
étant encore plus lourdes à télécharger, je me vois contraint de les réduire (d'ailleurs, si vous en voulez plus, n'oubliez pas que vous avez les "albums", en haut à droite, le denier en date
étant "L'Australie selon pierro" ... allez y même, il y en des belles).
Allez, assez de blablatages, je vous embarque dans pas moins de 3 mois de voyage, 8000kms, centaines de couchers de soleils à vous faire baver la pellicule, gorges et canyons, oiseaux et animaux
inconnus ... l'Australie quoi!
quelque part
Comme le disait Élisabeth, depuis mi avril, le voyage à pris une tournure différente, l'une rentre retrouver la France aimée, et l'autre ... ben j'avoue qu'au début j'en ai chié!
Quand même 3 ans de vie
commune toulousaine suivi de 20 mois de voyage, 24/24 ensemble, sur un nuage où rien ne nous atteignait vraiment. On l'avait déjà pensé, faire une pause pour voir, et ça a été un peu l'occasion.
Ma maman ainsi que ma sœur Mathilde venant me faire coucou en Malaisie en juillet, je n'allais pas rentrer pour revenir dans le coin. Donc après des au revoir à l'aéroport de Kuala Lumpur le 13
avril dernier, je me retrouve dans un avion bourré de Blancs, qui m'effrayent un peu. Je compte les minutes, chacune d'elles m'éloignant plus d'Élisabeth et me rapprochant plus de l'inconnu. Et
arrivé sur le sol australien, j'avoue m'être dit au moins 10000 fois "quel con, mais qu'est ce que tu fous là!!??"... heureusement la vie continue!
Fleur de gommier ou plus communement eucalyptus
Retour donc dans notre ancienne coloc, qui, merci à eux, m'ont accueilli comme un prince. J'erre les premiers temps, sans trop savoir quoi faire, bosser, voyager, me laisser un peu mourir
jusqu'en juillet ...
Heureusement, nos premiers couch surfeurs, Matt et Laura me prennent eux aussi sous leurs ailes et me proposent de les aider à déménager un peu plus au sud. Après la visite de leur nouvelle
maison, on ira se retirer dans un coin de paradis, isolé de tout, à la pointe d'un bras de terre tendu vers l'océan, et là-bas, plus loin, prochaine terra cognita est l'Antarctique. Chouettes
quelques jours, très très relax, à m'amuser avec mon nouveau jouet photographique, à prendre le temps de penser à quoi faire... mais toujours assez dur!
Puis retour à la réalité, il faut que je me bouge. Je prends donc congé et me retrouve pour la première fois seul dans un hostel. Étrange sensation de devoir trouver ma place, prouver ma place au
milieu des autres backpackers. Heureusement l'accordéon facilite la discussion et les Australiens sont carrément avenants.
2 jours, et je me décide de vite quitter Albany, où il fait bon vivre certes, mais il n'y a rien à faire, pas de boulot.
autre part
Retour à la case départ encore, chez les colocs... je dormirai sur la terrasse jusqu'à ce qu'il fasse trop froid puis bougerai dans le salon. Je me fais un peu chier. Dure situation, Cheryse la
proprio ne peut vivre sans télévision-australo-abrutissante avec le volume poussé à fond ... je me vois obligé de lui faire "consommer" des cigarettes spéciales qui lui apaisent son mal de dos et
l'envoie au lit plus tôt
... Je trouve un boulot finalement, après presque 2 semaines passées à ne pas faire grand chose et à tourner en rond. Rapide mission de 4 jours, le temps de creuser à 2 des trous de
2m³ pour des palmiers de pas loin de 10 000$ chacun ayant crevé par manque d'attention... il s'en foutent assez ici, au niveau des
chantiers en tout cas : "où vont tous les déchets?", "dans un grand trou!!", "et c'est normal qu'on jette des trucs pas cassés, des sacs de ciments même pas ouverts, des palettes entières de
carrelage ou des plaques de marbre??", "ouais, ça prend trop de place et on n'a pas le temps de ranger et stocker" .... heureusement, je redécouvre à ce moment Daniel Mermet et son émission
"là-bas si j'y suis" qui me transforme en autiste qui rêve de révolution. Et me donne la patate!! Merci Daniel!!
On me proposera une autre mission, mais ... non, l'envie de découvrir quand-même un peu plus la côte ouest au moins de ce continent-pays se fait sentir. Au départ, avec Élisabeth, nous étions
partis pour un voyage sans trop d'avion, de voiture etc ... mais s'il y a bien un des pays qu'on a traversé qui mérite de se visiter par son propre moyen de locomotion ce sera l'Australie. La
sensation de liberté est enivrante, et le temps et les kilomètres prennent une autre dimension.
Donc qu'à cela ne tienne, mets de côté les convictions, achète une voiture, charge l'accordéon et un pote estonien du boulot, Taago, et "hit the road" !! J'essayerai notre carrosse d'abord avec les colocs, et on ira voir des "cailloux" (dixit Cheryse), les pinnacles, suivi d'une session "sand-surf" (surf des sables). Merci les colocs, je vous aime!
Yuko, Stefano, Cheryse et Annita
Notre carrosse?! Pas moins qu'un vieux break magnifique Toyota de 1981, en super état, avec air conditionné, vitres électriques et même fermeture centralisée!
Un bijou, qui se laisse
rouler à une allure qui me convient!! 80km/h en moyenne, un matelas 2 places plié dans le coffre, ça y est me voila un vrai gitan! Et j'apprécie énormément!! Surtout dans ce pays où les distances
sont tellement exagérées, mais surtout où la moitié des Australiens de plus de 55 ans sont sur la route de la même manière!! Ou presque, à la différence que certains d'entre eux trimballent avec
eux un bus de 15 m., qui tracte une remorque avec le scooter et le bateau qui tracte lui même un 4x4 avec les vélos sur le toit
... bref
une villa sur roue! Mais du coup, le pays est équipé pour nous tous, voyageurs de la route! Des aires de repos bien équipées partout, toilettes toujours propres... mais surtout une solidarité et
ouverture d'esprit dont surement seuls les Australiens ont le secret! "What's up mate !? Come, we speak together, you need something, water, food!?" eh oui, je suis crado, avec une vieille
mami-roulante, eux sont cleans, avec des chars à des milliers de milliers de dollars.. et pourtant, le contact vient d'eux, heureux de partager, de discuter .... et de picoler bien sur! Bref vous
l'aurez compris, tous les soirs on se croit un peu dans un camping, où les gens sont relax, savent prendre le temps.
Le
3ème jour, on rencontrera Eva et Irina, en attendant des pélicans qui ne viendront jamais.. 2 Allemandes de 20ans qui se promènent depuis quelques 8 mois au gré du pays, comme 90% des voyageurs
qui viennent dans le coin. On sympathisera et se suivra ... jusqu'à la fin! Une sorte de lien se crée rapidement chaque soir entre les "résidents temporaires" des aires de repos. Et vu que les
routes ne sont pas nombreuses (en fait il n'y en a que 2 pour monter vers le nord, celle qui passe par l'intérieur des terres, et celle qui suit la côte ...) on se suit tous, se retrouve au cours
du chemin.
Eva, Irina, Taago
Chemin ... ou route de cailloux, bitume, terre, sable. Tout sera passé sous nos roues!
Et devant nos yeux... tous les jours la nature nous offre quelques uns de ses plus beaux tableaux. Du lever au coucher du soleil, les spectacles sont ahurissants, les couleurs
vont en changeant, rouge surtout bien sur, mais qui contraste avec le bleu cristal du ciel, et les couleurs sépia, chaudes du bush.
Tout est vrai, les photos des
catalogues ne mentent pas! Kangourous suicidaires en compétition avec les vaches tout autant imprévisibles, cadavres dans le bas-côté réjouissant les corbeaux, plages de coquillages ou de sable
fin comme de la farine, désertes bien sur, eaux turquoises où nagent dauphins, requins, tortues... gorges aux rochers compliqués, marais aux crocos, cascades et bassins perdus
rafraichissants.
Je ne crois pas avoir besoin de vous tracer ma route, de faire dans le détail, trop de chose, trop d'endroits, donc je laisserai parler les photos pour moi, et si vous êtes intéressés par plus
d'infos ... l'ambassade d'Australie vous attend, un an ne coûte pas tant! ... et je me ferai un plaisir de partager ma petite expérience de ce pays immense.
Vous le reconnaissez !? Skyppy !!
Je débarquerai Taago à Karratha, notre première étape où nous étions censés trouver chacun un boulot .. mais on me conseillera, vu mon départ proche, de plutôt continuer à voyager... ok ça
marche, retrouve les filles, et choppe Fabien au passage. Français très sympa avec qui ont passera de supers moments et les derniers kms, enfumés toute la journée, on se laisse bercer et porter
par le macadam qui défile...
on fera du stop pour accéder à un parc national à plus de 80kms de 4x4. On traverse des rivières, visite, dors dans les gorges, et au bout du 3ème jour, après que nos réserves de
bouffe se sont amenuisées bien comme il faut, on flippera quand même un peu de devoir rentrer à pied. Mais t'inquiètes!
Après m'être fait défoncer l'arrière de la voiture par "Herbert" (le van vicieux des Allemandes) on se fera arrêter par la police :
"Bonjour, qu'est ce qu'il vous est
arrivé?" "me suis fait rentrer dedans par des backpackers!" "ah ah, pas de bol, ou allez vous?" "prochaine ville pour réparer (conneries)" "oui vous avez raison, allez y, elle n'est qu'à
600kms.., mais savez-vous pourquoi je vous arrête?" - ici vous répondriez que c'est parce que c'est quand même dangereux un peu de rouler sans feu ni clignotant arrière..- "non, non, vous faisiez
l'avion avec votre bras pas la fenêtre, et ça c'est interdit, très dangereux, vous pouvez vous le faire arracher par un kangourou..." "....." "ok merci, circulez, bonne route". Il nous faudra 5
kms pour s'en remettre et ressortir les bières de dessous le siège! Eh oui, encore une grosse différence avec mes souvenirs de la chère France. Non, je n'aime toujours pas me trouver en face d'un
homme costumé en bleu mais la pression n'est pas la même! Ils ont le sourire, les mains dans les poches plutôt que sur le flingue, lunettes de soleil, beaux gosses... bref à l'image du pays,
relax!
Les deux "mécanos" et Fabien
Et pour cause. Après avoir discuté avec l'un d'eux, je me rends compte qu'il n'y a pas autant de "criminalité" qu'en France.
Du moins pas la même. Ici, les "casseurs" sont les Australiens bourrins/bourrés hebdomadaires du samedi et vendredi soir. Et les "têtes de turcs" sont quelques Africains mais surtout les Aborigènes. Ils ne savent plus quoi faire, s'avouent être perdus dans cette gestion de ce peuple qu'ils ont déraciné, et tenté de modeler à la façon occidentale. Ils auront un peu tout essayé, et maintenant voudraient revenir en arrière et leur redonner quelques lopins de terre afin qu'ils continuent leur vie de "wild men". Mais c'est trop tard pour la plupart. Et ce sont donc eux qu'on retrouve dans les rues, à errer une bouteille d'alcool à la main, le regard rouge et les idées confuses. Ce n'est qu'en 1992 que le gouvernement reconnaîtra "que les Aborigènes sont les habitants originels du continent"... on imagine donc leur postiton sociale avant ça. Nulle. On aura quand même la chance de "discuter" avec certains d'entre eux, rapidement, quelques mots au vol avant de devoir les laisser dans leur brouillard incompréhensible.
On arrivera à Darwin en ce début de juillet, 3 jours avant mon avion pour Perth. Je laisserai ma titine et l'accordéon à Fabien qui continue son périple, au revoir à Éva
et Irina ... et re-retour à la case départ, Perth pour 3 jours. Les colocs m'accueillent une fois de plus comme un roi, il fait froid, et mon esprit est déjà parti en Malaisie, avec ma sœur
Mathilde et ma maman!
Et oui, les voilà, elles arrivent me faire un petit coucou! 2 ans que je ne les ai pas vues, et ça me fait peur finalement! Mais le retour en Asie me plaît! Home sweet
home.
Et après ... après? me direz vous! Et ben les possibles sont nombreux, tentants, tous.
Rentrer? Continuer? Aller travailler? J'attend vos propositions eh eh !! La France me manque avec tout ce qu'elle contient, mais me fait peur aussi. Et les questions se bousculent dans ma tête d'oiseau libre, les projets sont nombreux, et mon cœur se laisse trimballer selon l'humeur ... Donc on verra, je ne vais pas me mettre à planifier plus d'un mois à l'avance alors que je vis au jour le jour depuis si longtemps. Arriverai-je à poser mon sac, à ranger mes chaussures de marches? Élisabeth me fait part de son retour, et ça n'a pas l'air si facile. On verra...
Croco
En attendant, les odeurs d'épices commencent à refaire surface, les couleurs des gens se font plus vives, le bruit, l'ordre-désordonné et les sourires me replongent dans mon cocon. Je suis bien ici, c'est sûr! Et je vais partager tout ça avec "mes femmes", plus d'un mois pour leur faire goûter au quotidien qui a été nôtre pendant longtemps, marquer leur esprit d'une touche de diversité! J'espère que vous avez tous pensé à leur faire passer une bouteille de bon vin et du fromage qui sent bien!!
Allez, je vous laisse. Prochain épisode sera trio! Et n'oubliez pas : vous voulez voyager? venez nous rejoindre!
Dauphins ou requins !?
Quartier sur pilotis et sous la pluie à Kota Kinabalu (province de Sabah)
Nasique mâle

Pierre s'est même
remis à l'accordéon!
Nous avons passé
nos 3 premiers jours (en couch-surfing dans leur belle maison en bois) chez Matt et Laura, jeunes artistes adorables et pêchus. Ensuite hébergés chez Scotty, autre couch-surfer très
gentil et cool, nous commençons doucement les démarches pour chercher un petit boulot et peut-être un appart.